50 nuances de clichés

50 Shades of Grey adaptation d’une fan fiction de Twilight vient de sortir dans les salles de cinéma et déjà les médias et autres puritains et féministes se sont enflammés pour ce film qui valoriserait le sadomasochisme et la domination de la femme. « L’œuvre » qui a rendu son auteure EL James riche comme Crésus s’annonce comme un succès pour sa réalisatrice Sam Taylor-Johnson metteure en scène de l’excellent Nowhere Boy racontant l’adolescence de John Lennon. Le film narre l’histoire d’Anastasia Steele incarné par Dakota Johnson, une vierge dans le début de la vingtaine qui tombe sous le charme du mystérieux Jamie Dornan, playboy millionnaire de 27 ans.

Comment d’abord définir 50 Shades of Grey, si ce n’est que par la mièvrerie dans lequel le film tombe rapidement. Même si on n’est pas familiarisé avec l’œuvre originale on sent tout de suite ce qui va se passer et on comprend dès lors l’issu prévisible de cette harlequinerie cinématographique. Ne serait-ce que par les clichés que véhicule le film, on sent que l’ennui nous surveille à chaque instant. On retrouve ainsi la jeune étudiante peu sûre d’elle-même qui tombe amoureuse d’un douchebag sexy qui croit amplement à ses atouts et dont l’attitude nous rappelle celle des bellâtres de n’importe quel téléroman générique tout en essayant de se donner un pseudo flegme jamesbondesque. Le hic c’est que l’acteur Jamie Dornan n’a aucun charisme malgré son six pack et que la chimie avec sa partenaire de jeu ne se fait nullement sentir. Ils ne dégagent aucune complicité et on a parfois l’impression qu’ils surjouent. À côté d’eux, la romance du couple dans Twilight incarné par Robert Pattinson et Kristen Steward nous parait authentique. On ne peut d’ailleurs s’empêcher de se référer à l’œuvre d’inspiration de l’auteure du livre et à la considérer comme un chef-d’œuvre face à cette surdose d’insignifiance. Si on apprécie une mise en scène soignée et un certain exotisme dans le film qui plaira sans doute au spectateur pas trop exigeant, on finit pourtant par céder à l’exaspération face à autant de clichés.

Pour ce qui est du sadomasochisme qui a fait hurler autant d’individus, mais suscité aussi la réjouissance de certains défenseurs de l’œuvre qui en parlent comme d’un éveil sexuel pour les couples, je n’ai qu’un mot à dire et c’est étiquette.  C’est simple, les scènes de sexe sont quasi censurées et le sadomasochisme n’est qu’en fait l’accessoire de promotion principal de ce film plutôt complexé, le glaçage séduisant d’un gâteau qui goûte fade.  On en vient même à se demander s’il valait vraiment la peine de classifier ce film pour les 16 ans et plus. Il y a des films beaucoup plus osés qui traitent grosso modo du même sujet par exemple 9 semaines et demie sorti en 1986 avec Kim Bassinger et le talentueux, mais sous-estimé Mickey Rourke alors à l’apogée de sa carrière. Revenons-en aussi à la problématique du film traité par les féministes, c’est-à-dire l’image de la femme. Le problème principal ici, ce n’est pas le sadomasochisme, mais le fait qu’encore une fois on présente les rapports hommes-femmes dans une vision stéréotypée. La femme aime se faire dominer et tombe automatiquement sous le charme du premier douchebag plein aux as sans trop se poser de questions et encore une fois les mêmes clichés se répètent et se perpétuent et c’est ainsi qu’on fait non face à 50 nuances de Grey, mais plutôt à 50 nuances de clichés. Y avait-il de quoi en faire un scandale? Pas tant, mise à part le fait qu’on a ardemment fait la promotion de la domination de l’homme sur la femme dans cette « œuvre », mais on a quand même droit un beau gros navet de luxe alors qu’on peut nettement trouver mieux dans le même genre. Au final, 50 Shades of Grey est un film peu convaincant, une ode complexée et stéréotypée à la romance insignifiante.

Note : 1,5/5

J’ai aimé

Une mise en scène plutôt correcte et soignée

Un certain exotisme, mais vous trouverez sans doute à mieux à Canal Évasion

Je n’ai pas aimé

Le reste

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