Lettre à Sol Zanetti et Option Nationale

Cher Sol Zanetti, je m’adresse à vous ainsi qu’à Option Nationale. Nous nous connaissons d’ailleurs puisque j’ai consacré près de deux ans de ma vie à militer pour votre parti. Comme vous le savez, l’élection récente dans la circonscription de Richelieu a bien failli coûter un député au Parti Québécois dans un résultat serré avec la Coalition Avenir Québec. En effet le candidat péquiste Sylvain Rochon a passé à deux doigts de perdre ses élections avec 35,98% des voix face à son adversaire caquiste qui a obtenu 32,48% des voix. Il en a failli de peu pour que ce château fort péquiste passe aux mains de la Coalition Avenir Québec. Quand à vous, vous avez eu un maigre résultat de 1,56% vous plaçant derrière Québec Solidaire, le Parti Libéral pourtant loin d’être populaire dans cette circonscription et même le Parti Vert.

Durant toute la campagne que vous avez menée, vous avez eu une attitude très optimiste et vous sembliez croire en votre victoire. Est-ce vous y croyez vraiment? Je n’en sais rien. La seule chose qui m’apparait claire, c’est que depuis le départ de Jean-Martin Aussant, Option Nationale est sur une pente déclinante, a perdu une partie de ses militants parmi lesquels j’étais et son discours sur l’indépendantisme décomplexé ne parvient pas à rejoindre autant de monde que vous le souhaiteriez. On pourrait faire une analyse complexe du déclin de l’idée de l’indépendance chez les Québécois et vous n’y êtes pas pour grand-chose selon moi. Je crois d’ailleurs que l’élection de Richelieu en est une démonstration et qu’il y a des choses chez le Parti Québécois à changer, je l’admets. Pourtant ce résultat si serré devrait vous énoncer un message clair. Le vote pour Option Nationale aussi maigre soit-il ne devrait-il pas servir l’indépendance avant l’intérêt partisan? D’ailleurs le Parti Québécois ne s’est pas encore désaffilié de la question nationale et on le voit clairement avec la course à la chefferie.

J’ai commencé à militer à Option Nationale en 2011 avec la certitude que cela donnerait un bon coup de pied dans le derrière à l’intelligentsia du Parti Québécois qui comprendrait qu’il se doit avoir un message clair par rapport à l’indépendance et qu’il devrait mettre autant d’efforts dans la promotion de l’indépendance que dans la quête du pouvoir. Dans notre système parlementaire britannique en particulier, l’un va généralement avec l’autre et une forme d’étapisme est malheureusement nécessaire pour assurer aux partis qui prônent l’indépendance de se hisser à la tête du Québec pour en enclencher le processus menant à l’émancipation indépendantiste québécoise. La politique m’apparait comme un jeu de poids et contrepoids dans lequel il faut savoir mettre de l’eau dans son vin pour arriver à un consensus. Je ne rejette pas l’idéalisme, mais elle se doit d’être soutenue par une vision pragmatique. Pour résumer, la politique n’est pas seulement une affaire de conviction, mais aussi un jeu de stratégie demandant des compromis. Même si je souhaiterais un zeste de proportionnalité dans notre mode de scrutin, cela ne changerait rien à l’essentiel. Pourtant, je ne sens guère de cette volonté pragmatique chez vous. Ce qui m’a amené en majeure partie à quitter officiellement Option Nationale en 2013, c’est que je sentais une part de dogmatisme chez vous comme si vous jouiez à qui était le plus indépendantiste et que vous ne manquiez pas une occasion de rabaisser les indépendantistes qui n’adhéraient pas à votre parti. Certains acteurs médiatiques dont je vais taire le nom se servaient d’ailleurs visiblement de vos interventions pour nuire au Parti Québécois alors qu’ils ne parlent jamais du Parti Vert et du Parti Conservateur du Québec qui ont pourtant une base électorale parfois plus importante sinon égale à la vôtre. Vous auriez dû vous en rendre compte, mais vous avez persisté, vous aliénant de plus en plus de membres qui ont cessé de croire qu’Option Nationale était une alternative valable au Parti Québécois.

Avec un Parti Québécois en pleine course à la chefferie, il est bien temps que vous fassiez preuve d’ouverture. Votre parti ne semble pas avoir la force ni l’organisation pour assurer une mobilisation aussi significative et comparable à celle des plus grands partis et vous ne parvenez pas à sortir suffisamment de votes pour pouvoir vous qualifier d’acteurs importants de la politique. On pourrait même dire que malgré vos discours vous êtes plutôt marginaux. Certains vous voient tout au plus comme un groupuscule indépendantiste institutionnalisé. Je n’irais pas jusque-là. Je vois Option Nationale comme un chien de garde de l’indépendantisme qui serait sans doute plus utile en tant qu’acteur de soutien positif pour ramener à l’ordre notamment le Parti Québécois afin qu’il se rappelle son objectif premier, mais pour cela vous devez de mettre de l’eau dans votre vin, faire preuve de lucidité et vous retirer lorsque nécessaire au lieu de continuer votre lutte partisane de votre côté. Vous agirez ainsi réellement dans l’intérêt de l’indépendantisme qui doit passer au-delà du vôtre. La course à la chefferie du PQ et les futures élections partielles dont celles de Jean-Talon en sont une belle occasion.

Cordialement.

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