Montage of Heck : Voyage au cœur de l’âme de Kurt Cobain

Kurt Cobain : Montage of Heck, énième documentaire abordant la personnalité de la rock star maudite réalisé par Brett Morgen a fait beaucoup jaser et pour cause, le réalisateur a eu accès aux archives personnelles du légendaire musicien tout en ayant pu interviewer divers membres de sa famille, allant de sa famille à son comparse bassiste au sein de Nirvana, Krist Novoselic en passant même par sa veuve la controversée Courtney Love. En tant que fan fini de Nirvana ayant connu le groupe en pleine adolescence soit une dizaine d’années après la mort de son chanteur, il me fallait absolument aller voir ce film atypique encensé par les admirateurs du groupe, aussi bien que par les cinéphiles.

Il faut dire que Montage of Heck est un documentaire plutôt ovni alternant des séances d’entrevues typiques avec de vielles vidéos d’archive ainsi que de l’animation. On plonge d’ailleurs au sein des écrits, des enregistrements et des vidéos personnelles de l’icône grunge qui aura laissé de nombreuses traces de son œuvre et surtout de sa personne au cours de ces 27 années de vie. Ne serait-ce que pour toute la cohésion que forme ce tout à la fois surréaliste, troublant, mais aussi très humain. Le documentaire s’impose comme une véritable ouvre d’art forger à même les archives de Kurt Cobain.

On entre dans l’univers d’un homme tourmenté par le divorce de ses parents et en quête de sécurité trouvant d’abord dans l’art un exutoire à ses angoisses. Kurt Cobain a eu du mal à encaissé le choc de la séparation de ses parents et de ses relations par la suite tendues tant à avec sa mère qu’avec la nouvelle famille de son père. Adolescent en perpétuelle révolte Kurt Cobain se tourne vers le dessin, l’écriture et la musique en particulier le punk rock. Ambitieux, mais en contre conformité avec la société reaganienne des années 1980, Kurt Cobain qui vit mal avec la critique et surtout l’humiliation aura du mal à gérer son soudain succès en tant que meneur de Nirvana et tombera davantage sous l’emprise de la drogue en compagnie de sa compagne Courtney Love. Il est cependant à noter que c’est vers la fin que l’on voit la transformation de Kurt Cobain en héroïnomane rachitique. Les vidéos d’archives qui le présentent comme défoncé chez lui avec sa femme et sa fille sont troublantes quoique le film finit par trop étirer la sauce qui aurait pu être écourtée.

Le documentaire plonge dans l’âme tourmentée d’un individu contrasté devenu le meneur d’un mouvement musical et culturel qui le dépassait sans doute largement. Il n’en demeure pas moins que jamais auparavant une œuvre n’était allée aussi profondément au sein de la personnalité de Kurt Cobain. Les témoignages de ses proches donnent le ton à la narration de cette créature biographique cinématographique. Kurt Cobain : Montage of Heck se démarque aussi par le fait qu’il n’a pas la prétention d’expliquer via des interprétations et des théories parfois un peu poussées la personnalité du musicien. Comme preuve, le film ne s’aventure pas vraiment à expliquer le décès de Kurt Cobain, bien que l’on présente dans son parcours de nombreuses idées liées à la mort et au suicide lui-même. On voit pourtant le destin tragique d’un homme qui malgré l’adulation qu’on lui vouait au sommet de sa carrière se sentait profondément solitaire et abandonné. Kurt Cobain apparait peut-être comme l’une des dernières icônes de la musique même 21 ans après sa mort.

Le documentaire de Brett Morgen est un incontournable si vous vous intéressez au rockeur. Kurt Cobain : Montage of Heck est une œuvre poignante et troublante sur un personnage encore adulé et ce, même par les jeunes générations à voir l’âge moyen du public de la séance à laquelle j’ai assisté dont l’âge moyen devait être de 21 ans. Je me dis d’ailleurs que c’est peut-être parce que nous sommes en manque d’icônes à l’ère du numérique et des succès instantanés que les gens de ma génération adulent Kurt Cobain comme la génération précédente.

4/5 + mention coup de cœur

J’ai aimé :

Le montage et l’animation atypique qui fait du documentaire une œuvre d’art à part entière

Un travail d’archive rigoureux qui en font une excellente biographie audiovisuelle

Je n’ai pas aimé :

La présentation un peu trop longue de Kurt Cobain et Courtney Love complètement défoncé leur fille dans leurs bras dans des vidéos d’archives. Après quelques minutes, il semble qu’on a compris que c’était un toxicomane vers la fin de sa vie et qu’il était tellement gelé qu’il se filmait en train de faire des niaiseries avec sa compagne et son bébé.

cobain montage of heck

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s