Mad Max: la route du Chaos : il était une fois dans le désert post-apocalyptique

Ça y est, 30 ans après l’arrivée du troisième opus de la série de films de science-fiction d’anticipation post apocalyptique mettant en vedette Mel Gibson, voilà qu’est sorti le quatrième opus de la série avec Tom Hardy dans le rôle-titre. Mad Max raconte les pérégrinations d’un ancien policier dans un monde post-apocalyptique désertique à partir du second opus. Mad Max n’a qu’un principal but et c’est de survivre, mais dans chaque opus à l’exception du premier il donne un coup de main à un groupe d’individus un comme le célèbre cowboy incarné par Clint Eastwood dans les Westerns spaghettis de Sergio Leone. On peut ainsi dire que le scénario de ce quatrième opus ne fait pas exception. Cette fois-ci Mad Max à affaire un chef de guerre Immortan Joe, dirigeant une communauté dépendant des ressources d’eau potable qu’abrite la citadelle que l’homme dirige en despote. Il croisera du même coup l’imperator Furiosa, lieutenante dissidente d’Immortan Joe à recherche de terres verdoyantes qui incarne en quelque sorte le protagoniste à côté duquel le Max de Tom Hardy passe pour un acteur de soutien. C’est en fait littéralement Furiosa incarné par Charlize Theron qui prend toute la place dans le film et fait ombre aux autres personnages qui manque parfois un peu trop de développement.

Ce nouveau Mad Max reprend les ingrédients qui ont fait le succès de l’univers conçu par George Miller. On retrouve de grandioses poursuites en bagnoles modifiées et des combats merveilleusement chorégraphiés. De plus, l’absence relative d’effets spéciaux numériques est un plus qui distingue le film des autres grandes productions du genre. On pourra dire de Mad Max : la route du chaos en terme de mise en scène qu’il est un retour aux sources des films d’action des années 1980 à 2000 et on retrouve dans Max ce bon vieux modèle du loup solitaire si cher à deux décennies de films du genre. Les scènes se succèdent sans aucun temps mort et le fan du genre se retrouvera inévitablement satisfait tout comme l’amateur de films de bolides qui y retrouvera une alternative non négligeable et quant à moi de meilleures qualités que la très populaire série des Rapide et dangereux.

On saluera aussi le côté artistique et l’esthétique punk/métal qui a toujours fait le succès de la saga et que George Miller rend ici encore très bien. Mad Max est une véritable ode à la contre-culture qui s’est développé avec la scène punk et métal durant les années 1970. On retrouve aussi des références à la religion dont Immortan Joe se sert visiblement pour motiver ses troupes et consolider sa domination sur eux et certains pourront voir dans ce film extrêmement brillant une critique excellemment bien amenée du phénomène religieux. Pourtant et contrairement à la plupart des films du genre, la force de Mad Max c’est qu’il ne prend pas le spectateur par la main et le laisse à son jugement sans expliquer de manière trop explicite les enjeux du film. Avoir un film d’action et de science-fiction qui ne prend pas trop le spectateur pour un con, ça fait du bien.

Mad Max est donc un film d’action à voir, une œuvre qui risque de satisfaire tous les amateurs du genre et sans doute un incontournable de l’été 2015 que je mettrais même devant les Avengers 2.

4/5.

J’ai aimé

L’esthétique mise en place par George Miller dans le film.

Des scènes d’action réalistes et prenantes

Je n’ai pas aimé

Le personnage de Charlize Therron un peu trop présent qui tend à faire de l’ombre aux autres même au Max de Tom Hardy, même si elle forme un personnage féminin fort. Elle aurait d’ailleurs pu laisser un peu de place aux autres personnages féminins.

Note de la fin : Mad Max est-il un film vraiment féministe?

La réponse est en fait assez ambigüe. Le personnage de l’Imperator Furiosa prend certes beaucoup de place et elle agit véritablement comme une héroïne déterminée à vaincre ses ennemis, mais en même temps et mise à part certains membres de sa tribu, les femmes sont plutôt reléguées au second rang. Il faut dire que l’antagoniste du film est un despote polygame qui se sert des femmes pour assurer sa descendance et que l’une des ressources dont s’abreuvent les personnages du film est le lait maternel qu’Immortan Joe obtient grâce à de véritables usines féminines traitées comme des vaches à lait. On pourrait d’ailleurs voir un contraste entre Furiosa qui tente de libérer les femmes de ce régime et Immortan Joe incarnant un traditionalisme patriarcal évocateur d’un conservatisme des plus puritains. Pourtant dans un monde comme celui de Mad Max où la société tente de renaitre via la création de clans tribaux pourrait-on voir dans la domination de l’homme sur la femme une sorte de réflexe naturelle? J’aimerais rappeler que le troisième épisode de Mad Max sortie en 1985 présente une société dominée par une femme. Pourtant, on ne peut répondre à cette question puisque comme l’affirme ma critique, George Miller qui a lui-même scénarisé son film ne donne pas de réponse explicite à ce genre de questionnement et laisse le spectateur à ses questionnements. En conclusion il est donc risqué de faire une analyse trop poussée du féminisme dans Mad Max sans s’égarer et divaguer dans des interprétations tellement poussées qu’elles finissent par s’éloigner du film lui-même. On peut au moins donner à George Miller le fait d’avoir mis de l’avant un personnage féminin fort qui ne se laisse par marcher sur les pieds au sein d’un genre où les femmes sont encore trop sous-représentées.

Max_Mad_Fury_Road

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