Le Mirage : futile surconsommation

Ricardo Trogi est devenu un réalisateur emblématique de la génération X et Y. Ses œuvres sont souvent un gage de succès pour les producteurs québécois. Après 1987, suite de 1981 et biopic sur sa jeunesse, le cinéaste nous offre Le Mirage une comédie dramatique critique de la société surconsommation d’aujourd’hui. Le Mirage est le fruit d’une collaboration avec Louis Morissette acteur majeur de l’humour québécois actuel qui signe le scénario en plus d’incarner le protagoniste.

Le Mirage raconte l’histoire de Patrick, père de famille propriétaire d’une franchise de magasin de sport et menant une vie rangé qui s’ennuie profondément. En couple avec Isabelle (Julie Perreault) en congé pour burnout, Patrick ne trouve refuge que dans la pornographie qu’il consomme abondamment. Patrick et Isabelle passent souvent leur soirée avec un couple d’amis, Roxanne (Christine Beaulieu) et Michel (Patrice Robitaille qui joue une fois de plus dans un personnage de conjoint et d’ami macho). De plus en plus endetté, il ne trouve plus le bonheur dans cette vie. Pour ne rien arranger, Patrick fantasme de plus en plus sur Roxane.

La première partie du film est plutôt humoristique bien que l’on sent de plus en plus l’épuisement de Patrick. On se prend à rire de nos propres tendances au travers de Patrick. La seconde partie du film est cependant de plus en plus dramatique et l’humour prend ainsi le bord au fur et à mesure que le désespoir de Patrick croit et on retrouve les bonnes vielles mimiques thématiques de Trogi dont le thème de la tentation souvent présent dans son œuvre. Il faut quand même dire que Trogi est un bon metteur en scène. Le traitement sonore est efficace sans être criant d’originalité. On a d’ailleurs droit à une scène de tristesse alors que la vie de Patrick éclate de plus en plus suite à une mauvaise nouvelle avec en fond la musique de Radiohead, un cliché de plus en plus fréquent au sein de ce genre de comédie dramatique qui ne semble pas épargner Ricardo Trogi. Il y a cependant une absence de dialogue dans de nombreuses scènes du film. Ces scènes renforcent le propos du film et misent essentiellement sur le jeu physique de ses acteurs.

Malgré sa mise en scène, Le Mirage n’apporte rien de neuf au paysage cinématographique québécois. Les thématiques qu’il aborde ont d’ailleurs déjà été traitées dans d’autres œuvres québécoises dont la Vie secrète des gens heureux, le Bonheur des autres où le sous-estimé L’Âge des Ténèbres avec lequel Le Mirage partage une fin légèrement similaire. Le film doit essentiellement sa force par son côté humoristique et son traitement visuel et sonore. C’est malheureux parce que la réflexion aurait pu aller un peu ailleurs, mais elle révèle plutôt générique.

2.5/5

J’ai aimé

Traitement visuel et sonore intéressant

Un humour cinglant efficace durant la première partie du film

Je n’ai pas aimé

Une énième critique cinématographique de la société de surconsommation nord-américaine qui se révèle plutôt générique qui n’apporte rien de neuf dans son propos à la filmographie québécoise.

le mirage

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