Star Wars Le réveil de la force : au service des fans conservateurs de la saga

Après dix ans et demi d’attente, le septième opus de la saga Star Wars était attendu de pied ferme par les fans de la saga après une prélogie aux qualités discutables. L’arrivée de J.J. Abraham à la réalisation de ce nouveau film avait de quoi nourrir les plus hautes espérances vu l’excellent travail que le cinéaste avait fait en renouvelant au goût du jour Star Trek avec deux films de qualité. Par ailleurs la campagne de Marketing de ce Star Wars alimentait le buzz en cachant des éléments du scénario tout en annonçant le retour en force des personnages cultes de la saga que sont Han Solo, Chewbacca (dans des rôles de premier plan), Leia et Luke Skywalker. Les fans étaient ravis, le secret concernant les éléments principaux de la trame allait être gardé jusqu’au jour fatidique du 16 décembre alors que le space opera, sans doute le plus adulé dans le genre, sortait pour le grand public sur les écrans européens puis le jour suivant en Amérique du Nord. Le long-métrage suscitait les attentes les plus folles et pendant deux semaines la sortie de ce Star Wars avait fini par prendre autant de place si ce n’est même occulter des sujets aussi chauds que la grève des enseignants et le front contre les mesures d’austérité du gouvernement Couillard, la question des réfugiés syriens et les attentats perpétrés par DAESH. Je me suis ainsi rendu voir ce long-métrage le 17 décembre dans une salle remplie de fans déguisés en leur personnage fétiche de la saga qui discutaient des épisodes qu’ils connaissaient par coeur, de « freaks » pour citer ce père de famille installé derrière moi et amenant son jeune fils voir son premier Star Wars et qui portait ironiquement un vieux chandail vintage de Star Wars épisode IV : Un nouvel espoir. La salle avait de véritables allures de convention. C’était une véritable messe composée de fans attendant la révélation, l’épisode qui allait réhabiliter la saga, les spectateurs présents à cette séance ne se gênant pas pour pester consensuellement contre les trois derniers épisodes réalisés par Georges Lucas. L’attente arrivait à terme, puis la célèbre introduction présentant d’abord le célèbre « A long time ago in a galaxy far far away ». Dès que les premières notes de la célèbre musique composée par John Williams arrivèrent, les spectateurs applaudirent ou crièrent leur joie. 135 minutes plus tard, qu’en fut-il finalement? L’épisode est au service des fans qui se sont régalés de la trilogie originale sans apporter de significatifs renouvellements.

À la base de ce septième épisode, on retrouve tous les éléments qui ont fait le succès de la saga originale : des batailles spatiales nerveuses, des fusillades épiques, un humour décalé qui manquait à la prélogie, des combats de sabre laser plus réalistes que l’excès chorégraphique des trois derniers épisodes. On peut aussi saluer des effets techniques qui sont eux aussi plus réalistes avec une modération dans les effets numériques trop excessifs dans la prélogie. Sur le plan technique et de la mise en scène, il n’y a pas grand-chose à dire. C’est bien fait sauf quelques éléments ponctuels par-ci par-là, mais le tout est mineur et ne gâche rien de significatif à l’ensemble. Mon seul vrai bémol est concernant le Chef suprême Snoke, meneur du premier ordre incarné par Andy Serkis qui a l’air d’un croisement entre le Gollum joué par le même acteur et le Voldemort de Ralph Fiennes. Il s’agit d’une tentative plutôt ratée jusqu’à maintenant de rendre effrayant le leader d’un groupe de fanatiques surarmés et nostalgiques de l’Empire.

Parce que c’est de là que part la trame de l’histoire. L’Empire galactique en déroute a été remplacé par le Premier Ordre, un groupe de nostalgiques fanatisés des années Palpatine persuadés idéologiquement que l’Empire était mieux à même d’assurer la stabilité dans une galaxie en proie au désordre et dans laquelle une nouvelle république renaissante s’avère elle-même incapable de ramener un peu d’ordre. C’est du moins le discours du Général Hux, un haut gradé surjoué par Domnhall Gleeson, héritier spirituel et hyperactif de l’amiral Tarkin de l’épisode IV épaulé par l’apprenti du Chef Suprême, un jeune adepte suivant des dogmes du côté obscur surnommé Kylo Ren qui veut exterminer les Jedi suivant le modèle d’un certain Darth Vader. Un groupe aux allures paramilitaires héritier de l’Alliance Rebelle et menée Leia Oragana, s’oppose à la menace de ce Premier Ordre. Leia envoie un pilote, Poe Dameron (Oscar Isaac), dans le but de retrouver Luke Skywalker. La carte permettant de localiser le fils d’Anakin Skywalker finie dans les « circuits » de BB-8, le droïde astromécano de Poe alors que celui-ci est capturé par le Premier Ordre. Le droïde s’enfuit dans le désert de la planète Jakku et tombe sur une pilleuse d’antiquités nommée Rey. Le scénario de base rappelle ainsi celui de l’épisode IV. En fait, il s’agit presque d’un remake et c’est là  le problème principal de cet épisode.

De la part de J.J. Abraham on aurait pu s’attendre à davantage de renouvellement. Après Jurassic Park avec Jurassic World, c’est au tour de Star Wars de jouer la carte de la nostalgie parfois abusive. On retrouvera d’ailleurs des plans similaires entre les épisodes IV et VII et à l’image de Jurassic World on a pris des éléments d’épisode IV pour les rendre plus gros, plus puissants. Le meilleur exemple est sans doute la base de Starkiller. L’Étoile de la Mort, cette lune artificielle capable de détruire une planète, a été remplacée par une planète capable de détruire un système solaire en entier. Le Premier Ordre, sans avoir l’envergure de l’Empire, apparait comme beaucoup plus brutal et menaçant que son prédécesseur comme en montre une scène de massacre au début du film. Les antagonistes ont d’ailleurs des traits particulièrement grossiers et ont souvent des sautes d’humeur, par exemple les colères excessives de Kylo Ren qui ne gêne pas pour jouer du sabre laser quand il apprend une nouvelle insatisfaisante ou tout simplement l’enthousiasme passionné d’un Général Hux fanatique. Pourtant, j’accorderai une mention positive aux nouveaux héros. Non, ils ne sont pas particulièrement originaux, mais je me suis attaché à eux. J’adore Rey (excellente Daisy Ridley), protagoniste centrale dans la nouvelle trilogie qui apparait comme une version plus forte et indépendante de Luke Skywalker et qui risque de plaire aux féministes, j’apprécie Finn (Jon Boyega) qui joue un Stormtrooper repenti qui sert de relief comique à cet épisode avec BB-8 un petit droïde attachant qui risque de plaire aux plus jeunes. J’ai bien aimé aussi Poe Dameron, incarné par un Oscar Isaac charismatique à souhait dans le rôle de ce pilote enthousiaste.

Tout est là donc pour plaire aux puristes les plus conservateurs de la saga qui retrouveront ce qu’ils voulaient malgré un manque flagrant d’originalité et finalement essentiellement peu de nouveautés. Dans la salle, les fans semblaient satisfaits et l’arrivée du générique a donné lieu à une ovation. Parlant avec d’autres spectateurs à la sortie de la salle, les commentaires que j’ai recueillis étaient tous très positifs. Les futurs épisodes et les « spin-off » sauront dire si la saga se renouvelle réellement. À suivre…

7/10

Note: La seconde photo montre des fans de Star Wars de Québec déguisés en TB-TT, ces véhicules quadripodes impériaux qui s’en prennent à la base de Hoth dans l’épisode V, dans le cadre de la sortie du septième épisode de la saga.

star wars the force awakens                      walker Star wars fan

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s