Charlie un an plus tard….

 

« Je suis contre ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire .» Voltaire

J’ai écrit ce texte dans le doute et dans le pessimisme. Au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, on aurait pu croire que l’Occident réaliserait l’importance de la lutte contre les extrémistes tout comme celle pour la liberté d’expression qui nous est si précieuse. Un an plus tard, force est de constater que ce mouvement d’unisson d’un grand nombre de citoyens derrière le slogan « Je suis Charlie » ne fut qu’une tendance éphémère et que la liberté d’expression semble toujours difficile à mettre en pratique.

Depuis ces attentats, j’ai aussi observé des situations concernant des individus qui le 7 janvier se faisaient chantre de la liberté d’expression, mais qui dans les faits n’ont su appliquer ces principes. J’ai ainsi pu côtoyer des militants d’extrême gauche supposément antifascistes, souvent des anarchistes d’ailleurs, qui ne se gênaient pas pour censurer ceux qui osaient remettre leur idéologie en question après leur avoir lancé des insultes. L’un d’eux très impliqué dans le mouvement de grève de 2015 allait même jusqu’à calomnier les critiques en question ou de simples journalistes qui s’informaient sur le mouvement en tentant de les museler. Je ne blâme pas ici l’extrême gauche, mais simplement une poignée d’individus s’y réclamant. De manière beaucoup plus troublante, cependant, j’ai vu cette censure de la part de rédacteurs en chef d’un hebdomadaire étudiant qui muselaient ceux qui les critiquaient avec des faits empiriques et démontrables alors qu’eux se permettaient allègrement de critiquer et de blâmer leur bénévole tout en cédant aux complaintes de certains individus particulièrement militants. J’ai subit cette censure de la part du rédacteurs en chef d’impact Campus et de la Chef de pupitre aux actualités du journal devenue elle-même rédactrice en chef de l’hebdomadaire étudiant plus tard en 2015.  Bien entendu, les cas que j’ai mentionnés et plusieurs autres individus liés à diverses idéologies se disaient Charlie à la suite des attentats du 7 janvier. Simplement, ils n’ont été Charlie que quand ça leur arrangeait. Les deux cas que j’ai décrits constituaient l’exemple radical de cette contradiction.

2015 fut ainsi une année où le doute quant à la liberté de s’exprimer fut plus que jamais présent et les attentats de Paris. Rappelons-nous à ce sujet l’hécatombe liée à la blague douteuse de Jean-François Mercier sur les femmes habillées en petite tenue dans des clubs et les Éthiopiens. Rappelons-nous aussi l’émergence de la loi 59 qui condamne les discours haineux sans définir ce qui est considéré comme « haineux », ce qui rend la loi plutôt risquée puisque désormais toute critique des groupes religieux ou même simplement minoritaire pourrait être potentiellement considérée comme haineuse. Il faudra donc marcher sur des œufs.

Je crois certes, qu’il y a des limites à la liberté d’expression dont la diffamation et qu’on ne doit idéalement pas en abuser pour insulter à tout vent ceux qui expriment des idées contrairement aux nôtres. Il y a un an après ces attentats lorsque j’avais d’ailleurs écrit : « La liberté d’expression je l’aime, je crois qu’on l’aime tous, mais au final je crois qu’on doit la défendre, mais y faire attention pour pas qu’elle déborde, qu’on se croit tout permis avec ». Malgré cela, je crois qu’on doit lutter face à ceux qui la menacent. Avec ce fameux slogan, « Je suis Charlie », il apparait que cette notion de liberté est devenue pour plusieurs une simple étiquette pour se donner bonne conscience. En ce début d’année, je réalise pourtant que j’ai mal à cette liberté qui pourrait pourtant se porter mieux. Finalement, à tous ceux qui bafouent cette liberté tout en se réclamant d’elle quand ça vous arrange en tentant de museler ceux qui ont des idées divergentes aux vôtres ou vous émettent des critiques, vous faites honte à tous ceux qui se battent quotidiennement pour elle que ce soit en Occident ou ailleurs. La liberté d’expression n’a pas à être à géométrie variable au gré de votre susceptibilité ou de votre volonté d’avoir votre  « safe space ».

Sur ce je conclus par cette citation de Nelson Mandela qui bien que je crois à la liberté d’expression n’est pas absolue, s’applique souvent très bien à celle-ci. : “Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est [notamment] prisonnier de l’étroitesse d’esprit.”

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