Rogue One, un nouvel espoir retrouvé.

Le 15 novembre dernier sortait en salle Rogue One, le premier « spin off » de la saga Star Wars, excluant le film d’animation Clone Wars. Je n’attendais pas avec autant d’impatience que Star Wars Épisode VII ce nouvel opus du célèbre Space Opera. Après quelques visionnements de ce qui fut l’un des films les plus rentables de l’histoire du cinéma, il me faut avouer que le long-métrage réalisé par J.J. Abraham s’est avéré plus que décevant. Je le trouve tout simplement moyen. Il s’agit d’un bon divertissement sans plus. Ce n’est pas le pire des Star Wars, mais loin d’être le meilleur. Pourtant, telle une obsession dont j’ai été incapable de me débarrasser, le fan boy en moi s’est empressé d’aller voir Rogue One. Je vais admettre qu’avec des bande-annonce alléchantes, mes attentes demeuraient élevés. À l’heure de pointe, ce 15 décembre frisquet, je suis allé directement au cinéma en espérant obtenir une place pour l’une des premières représentations du film en ville. Le cinéma était quasiment vide et je n’ai pas eu de besoin de réserver un billet. Le caissier m’indique que presque personne n’a réservé en fait pour la première du film. Malgré le buzz et un premier week end qui s’est avéré achalandé, rien à voir avec Star Wars Épisode VII où il fallait s’y prendre plusieurs semaines d’avance pour voir le film en première. Et puis moi, je n’étais guère stressé malgré les attentes. On notera aussi qu’il n’y avait pas la même atmosphère d’excitation dans la salle que lors de la sortie de Star Wars Épsode VII. Il était claire que nous étions pour la plupart des fans finis, mais en discutant j’ai réalisé que nous étions plusieurs à être blasé face au future de la franchise Si c’est mauvais ça sera mauvais et mes obsessions de fan à chaque sortie d’un opus de Star Wars se dégonfleront tranquillement dans mon subconscient de geek de Star Wars malgré des attentes.

Et bien non, le fan boy demeura, le réalisateur Gareth Edward a réussi son pari. Rogue One a plus que satisfait mes attentes. Gareth Edward nous a donné un excellent drame de guerre. Pour résumer rapidement l’histoire. Jyn Erso (Felicity Jones qui égale Rey en terme de badassitude), fille de Galen Erso (Mads Mikkelsen) ingénieure derrière l’Étoile de la mort, tente avec une bande de rebelle de dérober les plans de l’arme de destruction massive. Elle sera accompagnée de Cassian Andor (Diego Luna), un rebel plutôt amorale dans ses méthodes, K-2SO (Alan Tyduk), un robot grande gueule, le pilote Bodhi Rook (Riz Ahmed), Chirrut Imwe (Donnie Yen), un moine aveugle qui croit en la force ainsi que Baze Maltus (Jiang Wen) son acolyte musclé as de la mitrailleuse et du lance-roquette. La petite bande devra lutter contre le directeur Orson Krennic (Ben Mendhelson), un impérial arriviste ainsi que ses patrons le Grand Moff Tarkin (ressuscité via le numérique) toujours aussi drastique dans ses méthodes, toute leur bande de storm troopers et de pilote de Tie Fighters et en bonus, un certain homme de main masqué de l’empereur qui fait souvent le sale boulot en massacrant du rebel à la pelleté.

 Les personnages sont intéressants. Ceux qui se plaindront qu’ils ne sont pas assez développés devraient prendre en compte qu’on peut difficilement le faire en 2h de film. Le jeu des acteurs est suffisamment efficace pour que les personnages soient attachants. Ils n’en font pas trop et K-2SO, élément humoristique du film, m’a fait sourire avec ses répliques. Le sujet principal du film est le sacrifice et on sent toute la volonté des protagonistes pour parvenir à leur fin. Ils vivent des frustrations, ont leur moment de désespoirs, mais persistent à croire en leur cause même si tous ne sont pas moralement droit. Jyn Erso est présentée comme une rebelle un peu je m’en foutiste désabusé de cette guerre qui cherche d’abord et avant tout à revoir son père, Cassian Andor est à la base un rebel aux méthodes violentes et plus que discutables, Chirrut Imwe est vue comme un personnage un peu illuminé qui croit en la force telle sa religion et Bodhi Rook est un ex impérial angoissé qui rappellera à  Finn. Les impériaux quant à eux demeurent des individus doctrinaires qui sont prêts à tout pour mater la résistance. Sachant ce qui arrive à la planète Aldérande, rien de très surprenant de voir Tarkin et Krennic essayer leur nouveau joujou.

Parlant de Krennic, s’il est loin d’être le personnage le plus charismatique de la saga, cet opportuniste fini et violent demeure suffisamment détestable pour en faire un antagoniste haïssable. L’empire et son obsession de puissance sert le manichéisme de la saga qui demeure dans le film, mais pour une fois la chose est un peu plus nuancée car non, les rebelles ne sont pas des enfants de coeur. Il y a diverses factions dans les rebelles et certaines sont plus extrémistes que les autres. On notera ici la bande de Saw Guerrera (Forest Withaker trop peu présent) vue comme une organisation terroriste par Mon Mothma, la leader de l’Alliance rebelle. On suppose par ailleurs que certains seraient prêts à se lancer dans une guerre totale et à défier l’empire.  Tout les moyens  sont ainsi bons pour certains afin d’arriver à leur fin et cela inclut des assassinats et de la torture. On trouvera ici échos aux guerres contemporaine. Les scènes de bataille se déroulant sur la lune désertique de Jedha puis sur la planète tropicale Sacrif feraient-elles échos au conflit mené au Moyen-Orient ainsi qu’au Vietnam et dans le Pacifique. Il est claire que le réalisateur s’en est inspiré et là-dessus on il livre encore la marchandise. Rarement des batailles dans la saga auront-elles été aussi bien filmé. L’atmosphère d’urgence et de désespoir qui y règnent rappellent par moment l’empire Contre-attaque et les combats dans l’espace en dernière partie sont tout simplement jouissifs  . Mais trève de geekerie starwarsienne, dans le fond ce que Gareth Edward sera parvenu à présenter c’est la guerre dans sa dimension la plus crasse et désespérée à l’adapter à l’univers créé par George Lucas.

Non si on le prend en tant que drame de guerre, Star Wars Rogue One n’égale pas des classiques comme Apocalypse Now, Il faut sauver le soldat Ryan, Platoon ou La mince ligne rouge, mais il a le mérite de l’adapter de façon efficace à la trame starwarsienne. Rian Johnson et Colin Trevorrow devraient en prendre note pour les épisodes VIII et IX. Les producteurs ont aussi choisi prendre une fin plus dramatique, sombre et violente que la fin originalement sélectionnée. Un pari audacieux qui lui vaut des mécontents. Je m’en réjoui puisque dans le fond, cette fin originale aurait risquée d’étirer à des fins potentiellement commerciale un film dont la trame nous amène directement vers Un nouvel espoir.

Au final, Rogue One est tout simplement un excellent épisode de la saga qui augure pour le mieux pour le futur de la franchise. Il s’agit d’un nouvel espoir retrouvé. Sur le plan de l’appréciation personnelle, certaines décisions des producteurs dans la post-production m’auront plus que satisfait. Gareth Edward m’a convaincu. Star Wars Rogue One est probablement l’un des meilleurs blockbusters de 2016. La salle était satisfaite, les fans ont applaudi. Le geek en moi avait le sourire aux lèvres en sortant. Tout comme elle le fait avec Marvel, Disney est capable de produire du très bon comme du médiocre et Star Wars n’y échappera sans doute pas toujours après Rogue One.

4/5

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s